Outil clinique numérique

La sculpture familiale

Mettre le système en espace : des figures qu'on approche ou qu'on éloigne, qu'on tourne l'une vers l'autre ou dos à dos, et des liens qui se tirent de l'une à l'autre. Une table partagée où le patient sculpte, quand le thérapeute lui passe la main.

L'outil

Ce que la famille montre sans le dire

La sculpture familiale est née dans les années 1970, avec Virginia Satir et avec Fred et Bunny Duhl et David Kantor : plutôt que de raconter la famille, on la dispose dans l'espace. Qui se tient près de qui, qui regarde qui, qui se détourne, qui se tient debout et qui est à terre — la sculpture fait apparaître d'un coup ce que le récit ne livre que par fragments. Dans la tradition francophone, les objets flottants de Philippe Caillé et Yveline Rey ont prolongé ce geste : un support concret, posé entre le thérapeute et la famille, qui permet de penser ensemble sans s'accuser.

L'outil numérique garde la simplicité de la table et des figurines, et y ajoute ce que la matière ne permet pas : le regard orienté de chaque figure, des liens qualifiés, et surtout la mémoire des configurations successives. La sculpture d'aujourd'hui peut être confrontée à celle qu'on redoute ou à celle qu'on espère, et la famille voit, en transparence, le déplacement qu'elle est en train d'accomplir.

2 écrans, une seule table : le thérapeute conduit, le patient sculpte quand la main lui est passée

En séance

Pensé pour le temps de l'entretien

Des figures à placer

Adultes, enfants, bébés, animaux, et une palette de symboles — cœur, conflit, mur, pont, secret, rêve, deuil, départ… Chacun se pose d'un geste et se nomme.

Le regard, orienté

Chaque figure porte un faisceau qui montre où va son regard. Se tourner l'un vers l'autre, se tourner le dos : la sculpture le dit avant les mots.

Taille et posture

Grandir, rapetisser ; debout, bras tendus, doigt pointé, bras croisés, assis, à genoux, recroquevillé, à terre. La place de chacun se lit aussi dans son corps.

Des liens qui qualifient

Proche, fusionnel, conflictuel, distant, rompu ; emprise ou soutien, avec leur sens. On les tire d'une figure à l'autre, on les inverse, on les efface.

Figer, remodeler, revenir

Quand la sculpture dit quelque chose, on la fige en tableau — aujourd'hui, rêvée, redoutée, il y a dix ans. On la remodèle, puis on y revient d'un geste.

Le fantôme du tableau

Un tableau figé s'affiche en transparence sur la table actuelle : les pointillés montrent où chacun était, et rendent visible le chemin parcouru.

Contextes d'usage

Un même outil, plusieurs pratiques

Thérapie familiale et de couple

Chacun sculpte sa version de la famille : les écarts entre les sculptures deviennent la matière de l'entretien, sans que personne ait à accuser personne.

Thérapie individuelle

Le patient place les membres de sa famille, ses ressources et ses épreuves ; la distance et le regard donnent une forme à ce qu'il peine à nommer.

Formation et supervision

Sculpter une situation clinique, la place du thérapeute comprise, pour la regarder autrement en intervision, en supervision ou en formation.

Confidentialité. Les sculptures relèvent du travail thérapeutique : elles restent dans l'espace du praticien et ne sont partagées qu'à l'écran, le temps de la séance.

Sculpter un premier système

L'outil s'ouvre dans le navigateur, sans installation, au cabinet comme à distance.

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