Outil clinique numérique · objet flottant
Un ovale tracé devant la famille, comme la corde nouée qui protégeait le nom des pharaons. Dedans, ce qui compte pour elle : ses vertus, ses rêves, et peut-être ses douleurs. Chacun propose dans sa couleur. On n'inscrit rien sans l'accord des autres, et on laisse du blanc.
L'outil
Le Cartouche systémique a été conçu par le psychiatre Alain Chabert et l'équipe d'Eco Système Association, à Chambéry, dans la lignée des objets flottants de Philippe Caillé et Yveline Rey. En Égypte, le cartouche (shenou, « encercler ») est une corde nouée qui entoure le nom du roi et le protège : sans nom, il n'y a plus d'être, et effacer le nom était le grand châtiment. C'est en repérant ces signes entourés d'un trait que Champollion a compris qu'ils formaient des noms propres.
Le thérapeute trace l'ovale et dit : « Ceci est un Cartouche, le Cartouche de votre famille. » Puis il demande « ce qui compte pour votre famille, ce qui est important pour elle, et qu'elle souhaite voir figurer dans le Cartouche ». Comme il ne suppose pas de lien déjà installé avec le thérapeute, l'exercice peut se faire dès la première ou la deuxième séance. Il fait apparaître d'un coup l'entité famille ou couple, au niveau du mythe et des appartenances, sans rien interpréter sur le moment.
La version numérique garde le geste du feutre au tableau et y ajoute trois choses : une couleur pour chaque voix, un temps d'accord visible pour chaque proposition, et une mémoire du cartouche qu'on retrouve à la séance suivante.
En séance
La corde se dessine sur les deux écrans au moment où vous la tracez. Chaque signe se pose d'un geste là où on le lâche, car sa place dans le cartouche a un sens.
Chaque membre choisit sa couleur parmi les pigments des peintres égyptiens (ocre rouge, bleu égyptien, vert malachite, or…), et chaque proposition garde celle de la personne qui l'a faite. On voit qui a parlé, et aussi qui n'a encore rien dit.
Un mot, un dessin à main levée, ou l'un des 67 pictogrammes dessinés à la manière des peintres égyptiens (de profil, en aplat cerné) : êtres, lieux, vertus, quatre éléments, grandes figures (Nout, Noun, Thot, Isis…), valeurs de l'existence, moments, élans, douleurs. Chacun prend la couleur d'un pigment égyptien et la taille qu'on veut.
Une proposition reste en pointillé tant qu'elle n'est pas inscrite. Le thérapeute l'inscrit une fois l'accord vérifié, ou la met de côté, hors du cartouche, sans l'effacer.
Une jauge, visible par le thérapeute seul, montre la place restée libre. Une identité n'est pas figée, et tout n'a pas à se montrer.
Le cartouche noué prend la couleur de l'or et ne bouge plus. Pendant le temps de regard, les panneaux disparaissent : on regarde le cartouche ensemble, sans rien faire d'autre.
Contextes d'usage
Dès les premières séances, avant tout travail sur l'histoire. Il convient aux familles dont l'identité a été blessée ou risque de s'effacer, après un deuil, une rupture ou un secret.
Le cartouche du couple, parfois posé sur la chaise vide où « est assis leur couple ». Devant le résultat, ce qui manque peut devenir le point de départ du travail.
Le cartouche d'une équipe ou d'une institution, et en formation celui des systèmes d'appartenance des stagiaires. Il se prolonge ensuite par le blason, le jeu de l'oie ou le fleuve systémique.
Sans interpréter tout de suite. Le cartouche donne une vue d'ensemble de l'identité du système. Plus tard, on pourra raconter l'histoire de certains éléments. Le thérapeute a pour lui seul un panneau de lecture (voix, registres évoqués ou absents, blanc préservé) : ce sont des repères pour la conduite de l'entretien, pas des conclusions.
Confidentialité. Le cartouche relève du travail thérapeutique. Il reste dans l'espace du praticien, n'est partagé qu'à l'écran pendant la séance et ne s'enregistre en image que sur votre décision.
L'outil s'ouvre dans le navigateur, sans installation, au cabinet comme à distance.
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